Abstract

L’histoire de l’enseignement a connu à travers les temps plusieurs changements plus ou moins profonds, et ces changements se sont répercutés de façon ou d’une autre sur l’avancement et la productivité de la formation universitaire. D’une part ce fut la mise en valeur de l’approche cognitive et d’autre part ce fut l’émergence grâce aux nouveaux outils informatiques et à l’évolution foudroyante de la science  d’un environnement technologique inattendu. D’où une question centrale d’importance : Quelles sont les politiques éducatives à adopter au niveau de la formation universitaire et particulièrement au niveau des formations scientifiques ?

Les nouvelles technologies se basent sur certains concepts de base qui peuvent sembler contradictoires alors qu’ils ne sont que complémentaires. Il s’agit de :

  1. L’élargissement des frontières. Avec les nouvelles technologies, il semble que personne n’a plus le droit de dire que quelque chose lui est « étranger ».
  2. La concentration des informations. Par une succession de technologies diverses, la concentration de l’infiniment grand se met au niveau de l’infiniment petit et l’infiniment petit se retrouve dans les dimensions de l’infiniment grand… tous deux sur un même écran.
  3. La personnalisation des traitements. Pour les nouvelles technologies la personne humaine est importante autant qu’elle peut traiter ses informations en groupe, en communicant avec d’autres personnes afin que cet élargissement profite à tous.

C’est à partir de cette vision globale que nous pouvons reconnaître les principaux aspects opératoires de ces nouvelles technologies et que j’ai classés en trois catégories:

  1. La simulation et il faut entendre par simulation non seulement son sens strict mais plutôt le sens large qui place sous ce titre tout ce que les nouvelles technologies ont permis de mettre à une échelle réduite.
  2. La miniaturisation – robotisation, c’est-à-dire tout ce qui a permis de voir ou d’agir ou de traiter des infiniment petits, des infiniment grands et des infiniment compliqués.
  3. La communication à distance et qui dépasse de fait le simple aspect didactique lié à la formation ou à l’enseignement.

Cette nouvelle donne a eu des conséquences de trois types:

  1. Retombées au niveau de l’Information : l’information change définitivement d’objectif. Au lieu d’être limitée, elle devient illimitée. Au lieu d’être un but, elle devient un outil. Au lieu d’être un objet d’emmagasinement, elle devient un objet de traitement.
  2. Retombées au niveau de la Formation : Les nouvelles technologies loin d’aliéner les apprenants en les faisant esclaves d’informations importées et appliquées localement, peuvent être sources d’un renouveau méthodologique de la formation universitaire fondamentale et technologique.
  3. Retombées au niveau de l’Organisation : L’Université est un maillon de la chaîne de la Connaissance dans le monde. Si elle n’y joue pas son rôle, elle sera mise hors du circuit pour ne pas en interrompre le courant.

Changement ou Adaptation

Il ne s’agit donc pas d’adaptation ! Avec les nouvelles technologies notre enseignement scientifique est appelé non seulement à être changé, mais à être révolutionné. Ceci sera difficile, long et coûteux. Mais ceci est indispensable. C’est à nous universitaires, et en connaissance de cause, de mener à bien les transformations qui nous feront profiter de cette nouvelle ère technologique en la mettant au mieux au profit de l’Homme dans notre région en général et de nos étudiants en particulier.

Keywords

enseignement, technologie, formation universitaire

Reference

Nahas, G. N. (2005). Les Nouvelles Technologies dans l’Enseignement Supérieur: Changement ou Adaptation. In “L’Enseignement des Sciences dans les Universités: Etats actuels et futurs défis. (pp. 131-138). Unesco, Beyrouth – Liban.

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