Abstract

Dans cette intervention il s’agit d’attirer l’attention sur l’aggravation des différents phénomènes dus à la crise dans le cadre d’un pays comme le Liban, où pourtant la tradition de la recherche est bien ancrée dans l’histoire de son enseignement supérieur.

La mondialisation avait commencé à devenir une première contrainte en insistant sur la nécessité d’importer des modèles dominants (Ranking de Shangaï par exemple) et sur la priorité absolue de publier dans des revues spécifiques et à partir de modèles appartenant à une tradition académique précise, valorisant le quantitatif au profit du qualitatif.

La course à l’innovation technologique et à la compétitivité dans un marché du travail ouvert a fait reculer dans la plupart des universités l’intérêt des sciences humaines et sociales ce qui a débouché sur un déclin de la recherche en la matière et du nombre des chercheurs intéressés à rester dans un environnement qui ne valorise pas leurs efforts. S’en est suivie une émigration de chercheurs éminents et par conséquent la qualité des recherches entreprises a reculé.

Enfin, s’ajoute à tout cela le problème de la publication dans la langue arabe et tout ce qui s’en suit du point de vue: qualité, pertinence, reconnaissance.

Petit pays, mais avec un passé particulièrement riche dans le cadre de l’enseignement supérieur, le Liban est sorti de sa crise interne en pleine crise internationale, les trois contraintes précitées pèsent lourdement sur ses chercheurs en Sciences Humaines et Sociales. Ni le système éducatif national, ni les institutions privées ne se rendent compte du malaise profond des chercheurs dans ces domaines qui, malgré leurs efforts d’établir des forums associatifs pour valoriser leurs recherches, restent incapables de lever le défi qui leur est imposé.

Keywords
Citation

Nahas, G. N. (juillet 2015). La triple contrainte du chercheur en Sciences Humaines et Sociales. In La recherche en éducation dans un monde en crise. En Grèce et ailleurs. Université de Péloponnèse. Corinthe Grèce. L’Harmattan (p. 233-243).

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